Alors Atlanta? Le récit comme si vous y étiez :
Jeudi soir :
Arrivées à Indy après une heure de route. Un peu galéré pour trouver un parking. Garées loin, on se perd en cherchant la gare. Génial, ma collègue semble avoir à peu près autant de sens de l'orientation que moi...c'est-à-dire aucun. Ca promet. Arrivée à la station de bus, excitées comme des puces. Et là, gros froid. Heu...c'est quoi cette gare?! Dégueu. Autour de nous, que des gens chelou. Et on va voyager pendant 12 heures au milieu de cette faune? Super ça met à l'aise déjà. On poirote. Le bus de 21h20 arrive, prend 4 ou 5 personnes...et repart! C'est quoi ce b*rdel?! Aucune information. Personne ne conteste, ils ont tous l'air blazés. On tend l'oreille, la rumeur dit qu'un autre bus arrive. Ok...on re-poirote. Puis une autre rumeur qui dit qu'un passager du bus qu'on est en train d'attendre a pointé un gun sur le chauffeur. Quoi???!!! C'est quoi cette ligne de bus ghetto? Autour de nous, aucune réaction. On est les 2 seules qui flippent. Ma collègue : "t'es sûre qu'on doit y aller?". Moi j'ai juste envie de prendre mes jambes à mon cou et rentrer à Muncie. Mais je lui dis d'attendre un peu. Alors on attend...prêtes à partir en courant. Puis un autre bus arrive. Cette fois c'est le bon. Et les idioties qu'on avait entendues, je ne sais pas d'où elles sortaient. On finit par décoller de cette foutue gare avec une heure de retard. On n'a pas tardé à s'endormir comme des masses. Un arrêt à Louisville (Kentucky), un autre à Nashville (Tennessee) et un dernier à Chattanooga (Tennessee). Obligés chaque fois de descendre tous du bus et galérer une heure dans chaque gare, bien plus modernes que celle d'Indy, certes, mais toujours pas bien fréquentées. Je vous dis pas l'arrêt de 2h30 du matin (alors que tu dormais trop bien), il fait très mal. Celui de 6h00 n'en parlons pas.

Vendredi :
Arrivées vers 9heures, timing respecté. Il fait assez froid, temps tout gris. On pue du bec mais on pète la forme car malgré tout on a réussi à dormir. Métro. Trouvé notre auberge facilement. - Hostel International : 223, Ponce de Leon Avenue - On pose nos affaires, on parle avec nos nouvelles roomates (eh ui, en mode dortoir j'vous ai dit). La queue pour la salle de bains. A midi enfin on sort : c'est parti, à nous Atlanta!
Snack méditerranéen. Miam les falafels et le gros baklava! - Pitas Republik, 620 Peachtree Avenue NE -
Première attraction : World of Coca-Cola. Nul. Que de la pub, rien appris. Juste bon à se prendre en photo et goûter des dizaines de boissons du monde entier.

Ensuite Georgia Aquarium. Formidable. Géant. Superbe. Je trouve pas de mots. Comme des gosses devant le spectacle des dauphins. Les dauphins... ça aussi c'est sur ma liste... quand vais-je réaliser mon rêve d'en serrer un dans mes bras? Bref, c'est l'extase contemplative. Je suis comme une ventouse sur les parois des différents bassins. Fascinée, je ne me lasse pas de regarder tous ces poissons. Surtout quand ils nagent tout doucement et tout près de la vitre, pour mieux te montrer leurs improbables couleurs, formes, peau ou écailles... Chaque fois je me colle pour voir le plus près possible. Je m'imagine à l'intérieur et ça me donne des frissons. Je souris de ma niaiserie. Oui, il faut savoir que j'ai envie de faire de la plongée sous-marine afin d'observer les créations aquatiques de Dame Nature... mais j'ai une peur bleue du silence de mort qui règne sous l'eau et aussi la frousse que les poissons me touchent. Brrr. Alors les dauphins, ok, mais la plongée... c'est pas pour tout de suite!

En sortant de l'aquarium on s'égare. Mais bon sang de bonsoir, pourquoi ici toutes les rues, avenues, places et boulevards s'appellent "Peachtree"? En attendant, pas vu un seul arbre à pêche ici! Puis atteri à l'Olympic park. Les gosses s'éclatent avec les jets d'eau. Puis direction Atlantic Station, un coin sympa de la ville, plein de boutiques et de restos.
Retour à la maison à minuit. Oups on a réveillé notre voisine de lit superposé...
Samedi :
Cette nuit-là j'ai toussé. Trop de poussière, j'ai déjà vu plus propre comme auberge de jeunesse. Le réveil sonne. Pas assez dormi... mais pas trop fatiguée pour autant. L'autre fille dans le dortoir est sympa, on l'invite à se joindre à nous. Il fait super beau, je sors le bermuda.
Première étape : CNN. Super intéressant. Appris des choses sur les coulisses des studio de télévision. Site touristique par excellence, mais qui vaut bien le détour.
C'est fou comme ici tout est conçu pour les familles et le shopping. Y'a pas à dire, l'Amérique veut ton fric et ne s'en cache pas. Et toi... bah tu lui donnes, et avec le sourire en plus!
L'après-midi, visite du High Museum. Immense. Collections d'objets et peintures européennes, américaines. Du classico-classique...et ennuyo-ennuyeux! Rapidement zappé cette partie. Collection africaine minuscule. Collections asiatique ou océanique inexistantes. Collection Picasso et Warhol. Dernière étape, les oeuvres contemporaines. Alala, l'art contemporain. Un mot que je trouve prétentieux, pour éviter de dire la simple vérité : l'art du tout et nimportequoi. En fait ça désigne juste tout ce qui est inclassable. Je vous épargne le débat du "moi aussi je peux faire de la grosse m*rde sur une toile et prétendre que c'est de l'art"... ce n'est que mon point de vue. Avant j'essayais de comprendre. J'avais tort. Et c'est bien plus fun en fin de compte. Car ici le bizarre côtoie l'abstrait et le ridicule, pas besoin d'avoir des connaissances en art ou en histoire, laisse-toi juste porter par ton imagination, retiens ton envie de toucher (je parle pour moi hihih), et passe d'objet en objet en attendant qu'il y en ait un qui attire ton attention (en bien comme en mal), bref qui t'inspire quelquechose.

Puis retour à la casa pour une "petite sieste" soit disant. Tu parles, j'ai ronflé pendant 3 heures!
Retournées manger des falafels parce que c'était trop bon hier. Puis direction le quartier de Crescent Street et de la 13ème avenue. Car à "Hotlanta" il n'y a pas seulement plein de divertissements pour les familles, mais aussi une vie nocturne pour les fêtards. Notre choix s'arrête sur le "Sutra Lounge" car sur internet il est écrit "eclectic and popular". Heu... on doit pas avoir la même définition de "populaire" car Mister DJ a passé du hiphop toute la soirée. Si encore c'était une majorité de sons commerciaux connus avec aussi du RnB... mais non! Ah c'est vrai j'ai failli oublier, ici on est à Atlanta. Ma collègue a tout-de-même joué le jeu et on a bien dansé. Evaporés les baklavas!
Dimanche :
Réveil tout doux. Le soleil tape et il fait chaud. Mes parents m'appellent pour me souhaiter joyeuse Pâques. Mon père me fait encore baver en me racontant ce qu'il va faire à manger. Je repense à l'un de mes collègues, qui m'a dit en partant, index bien levé : "n'oublie pas d'aller à l'église pour Pâques! Ca fera plaisir à ta mère!" Heu... comment te dire... déjà hier ma collègue s'est farcie une soirée entière de hiphop (mais ça c'est pas ma faute, je savais pas!), aujourd'hui déjà j'ai réussi à imposer ce que je voulais visiter, alors je ne vais pas en plus la trainer à la messe la pauvre!
Mais on a fait quelquechose de tout aussi inspirant, sinon plus :
Direction "Sweet Auburn", quartier où se tiennent : la maison où est né Martin Luther King, ainsi que l'église où il a prêché en tant que pasteur, le mémorial en son honneur (une piscine), et un centre d'information pour les visiteurs qui est très bien fait et que je vous recommande. Qui que tu sois et quelle que soit ta couleur, cet endroit ne te laissera pas indifférent. Beaucoup apprécié, ma collègue aussi.
Puis on s'est laissées tenter par le resto cubain en face de l'auberge, "Papi's". Dé-li-cieux. Jusqu'à nous servir le vrai pain cubain, exactement comme à Cuba! Submergée de souvenirs, je raconte à ma collègue le petit peu que j'ai vu de ce pays, qui est, je crois bien, la destination qui m'a le plus plu dans ma vie, et dont je suis amoureuse, et dont je pourrais parler des heures sans me lasser...
Puis on se dirige vers la gare car notre bus quitte Atlanta à 17h30, s'arrête aux mêmes endroits qu'à l'aller, pour nous déposer à Indianapolis à 5h30 demain matin, fraîches comme des gardons.
Lundi matin :
Tout ça biensûr c'était sans compter un problème technique du bus qui nous a immobilisés au milieu de nullepart en pleine nuit (pas flippant déjà...), nous faisant arriver... 4 heures en retard après une nuit quasi sans sommeil.
Je suis donc arrivée à midi au bureau, la tête dans le Q, pile à l'heure pour ma leçon de français que je n'avais absolument pas préparée. Mais qui s'est super bien passée. Comme quoi il ne faut pas sous-estimer ses capacités d'improvisation quand on est pris de court.
Fin du récit.
A retenir : Atlanta c'est chouette. Ma collègue est une partenaire de voyage cool et flexible, et notre weekend s'est déroulé à merveille. Tout est allé comme sur des roulettes, absolument tout, dépassant nos attentes. Même l'interminable, épique et parfois pénible trajet n'a rien gâché. Je sais qu'il ne faut jamais dire jamais, mais je ne suis pas près de voyager de nouveau avec Greyhound pour des longues distances. Trop mal organisé, trop mal fréquenté.
Enfin bon. Traverser 4 états en bus de nuit : ça, c'est fait...
Et partir en vadrouille mal habillée (j'ai plus rien à me mettre, mes 5 valises ne contenaient quasiment aucun truc d'été!) et les cheveux sales... bah ça aussi c'est fait hahah!
Le mot de la fin : Hilton.
Parce que c'est cool les séminaires RH à Indy. On remet ça quand vous voulez les gars!
Le style est vieillot, mais après l'auberge de jeunesse et le bus, franchement la suite business c'était une assez bonne surprise!