mercredi 30 mai 2012

Washington DC

Comme je vous l’ai dit, ce weekend je suis partie visiter la capitale car j’avais le lundi de férié. Vous aviez le lundi de Pentecôte, moi le lundi de Memorial Day.  Une journée dédiée au souvenir de ceux qui sont morts au service de l’armée américaine. OK.

C’était un excellent week-end. J’ai beaucoup aimé Washington, où il y a des tas de choses à voir et à apprendre. Il faisait très chaud et j’ai beaucoup marché. Le courant est bien passé avec ma nouvelle partenaire de voyage.

Voilà, ça c’était la version rapide pour les gens pressés qui ne veulent pas lire l’article.
Si vous voulez en savoir plus, continuez donc à lire !

Vendredi à 17h j’ai décollé du bureau en trombe. Un peu juste au niveau de l’heure, j’ai néanmoins lutté pour ne pas dépasser les limites de vitesse (je suis en sursis, ne l’oublions pas !) et je suis arrivée juste dans les temps. Chopé mon avion et 1h30 plus tard… me voilà à Washington, District of Columbia ! Waw !
Je rejoins l'auberge de jeunesse à 27$ (l’International Student Center), située en plein milieu de la 18th street, dans le quartier d’Adams Morgan. Retenez bien ce nom, c’est the-place-to-be pour sortir : restos, bars, boites, beaucoup d’ambiance, hyper cosmopolite, très animé, et avec les beaux jours, tout le monde est dehors. J’ai regretté d’être toute seule, car je n’avais qu’une envie c’était d’en profiter. Mais j’ai surtout  regretté d’être toute seule lorsqu’on m’a montré où j’allais dormir : un dortoir de 8… avec que des mecs ! Nul ! Je vérifie sur internet et je vois : dortoirs mixtes. Et m*rde. En plus c’est tout pourri, la couverture pue et la salle de bains est tout le temps occupée. Bon. Ca va aller, c’est juste pour quelques heures, juste pour dormir une petite nuit.
No comment...

Tentative d’engager la conversation avec le seul qui ait daigne me saluer. Echec de la tentative. Plus personne n’a dit un traitre mot de tout le temps que j’ai passé dans ce clapier. Ambiance. Je suis partie dans l’espace commun où il y a la télé, histoire de fuir cette chambre et de préparer ma journée de demain. Puis, n’y tenant plus, je suis allée me coucher. Toute habillée.
Franchement, le mythe de l’auberge de jeunesse, genre c’est super pour se faire des amis et rencontrer d’autres voyageurs seuls comme toi… heu clairement ce n’est pas ici. Soit tu vois des gens qui ne sont pas seuls et donc ne te calculent pas (ce qui est normal), soit tu vois des gens seuls…et qui veulent le rester,  vissés à leur ordi. Ok, tant pis !

Samedi matin je fais la queue pour la salle de bains, je plie bagage, je passe par la case petit dej (c’est-à-dire du pain de mie, du beurre de cacahouette et du jus chimique) et je m’arrache.
Il fait déjà chaud. Direction l’autre hotel (« The Allen Lee Hotel ») pour me décharger de mon gros sac. C’est en plein quartier de l’université, sympa.
Puis c’est parti pour une journée à naviguer en solo, ma camarade VIE n’arrivant que ce soir.
En premier, découverte de la Maison Blanche.
The White House


Rien d’impressionnant, juste une belle maison peinte en blanc. Il faut un « appointment » pour visiter, donc ce sera pour une prochaine fois.
Puis me suis dirigée vers l’obélisque
Washington Monument

et le National Mall où sont concentrés de nombreux musées et institutions. Traversé le Jardin de la National Gallery of Arts…
Intéressant...

…pour me rendre au Hirshorn Museum. C’était de l’art contemporain. Mais maintenant vous savez que j’adore ça, n’est-ce pas haha ! Ceci dit, je l'ai trouvé très bien ce musée. Je le recommande!
Foutage de gueule...

Puis enchainé sur le Air & Space Museum. Immense, énormément à apprendre, un délice pour les fans d’avions et de fusées. Mais trop de monde, on aurait dit une ruche, je n’ai pas fait long feu.
Avions, missiles, fusées... un grand fouillis!

Enfin, l’American Indian Museum. Très beau musée.
Danseuses et musiciens hawaiiens dans le hall de l'American Indian Museum.

Marché encore un peu et me voilà à l’autre bout du Mall pour faire le tour du capitole.
Le Capitole

Marché encore, un peu, beaucoup, passionnément, avant d’arriver Union Station pour rejoindre ma pote qui est venue en bus depuis New-York.
Rentrées à notre hôtel pour se rafraichir et ressorties pour rejoindre la fille de ma collègue qui habite à DC. Un peu intimidante au premier abord, cette dernière ne sourit guère, bref contrairement à certaines Américaines, elle n’est pas du tout cheezy (= too much et gnangnan à la fois, peut être dit d’une personne ou d’un film par exemple)…
Elle nous a baladées dans une autre partie d’Adams Morgan, super cool, on a essayé 2 bars avant de finir au « Liv » un night-club qui passe des classiques des années 80 et 90. Bien aimé et ma pote aussi, bien que partout où on allait ce soir-là…elle était la seule Blanche. [Parenthèse : saviez-vous que le surnom de Washington DC c’est « Chocolate City » ? Parce que plus de la moitié de la population est noire. Un Atlanta version intello ?]
Allez, pour UNE fois que les rôles sont inversés… c'est pas bien grave. Ceci dit, je m’inquiétais qu’elle soit mal-à-l’aise donc je l’épiais quand même un peu mais ça avait l’air d’aller donc tant mieux. Bin oui, après tout je n’ai aucune idée de ses goûts et tolérances, puisqu'en fait je ne la connais pas. Je l’ai rencontrée à une réunion VIE en France avant de partir (c’est là qu’on a échangé les coordonnées), je l’ai revue à New York en décembre et j’ai dû lui parler au total 2 fois au téléphone. Bref, très bonne soirée et la fille de ma collègue est super drôle.
Meilleurs souvenirs : libre comme l’air, tout compte fait c’est bien aussi de voyager seule ! La journée toute entière et le soir au Liv.
Ça m’a saoulée : les flics qui évacuent la zone, pile au moment où j’arrive enfin devant la Maison Blanche. Grrr.


Dimanche, on a commencé notre balade avec la Maison Blanche. Puis restées sous le soleil de midi, les pieds dans l’eau du World War II Memorial :

Avec vue sur le Lincoln Memorial mais pas la Reflecting Pool car elle était vide donc ne refletait rien.
Puis on a visité le musée de l’Holocauste parce qu’on était curieuses de voir comment les Americains traitent ce sujet. Ici, il n’est pas fait qu’une énumération des faits et des quantités de massacres, mais une exposition très consistante est consacrée au thème de la propagande, autrement dit, comment on a pu en arriver là. Vraiment un très bon musée, je comprends pourquoi il est dans les « must see ». A la fin, une exposition qui traite en parallèle le Rwanda, le Kosovo et le Darfour, mais là par contre c’était plus que ma sensibilité ne pouvait supporter en une journée. Toute seule, je serais restée, mais là j’allais pas pleurer devant cette fille que je ne connais pas. C’est par où la sortie, viiite !
Après ça, on est allées au Crime & Punishment Museum. Décidément, on donne dans le sordide me direz-vous ! C’est le seul musée payant qu’on ait visité (21$) et je peux vous dire qu’il est GE-NIAL. Bien fait, ludique et divertissant, il couvre une multitude de choses que je peux essayer de vous énumérer par le menu : quelques instruments de torture du Moyen Age (en Europe bien sûr, puisqu’à cette époque les USA n’existaient pas), l’époque des pirates, l’époque des sorcières, l’époque du Far West, l’époque des mafias de Chicago, biographie d’Al Capone, Bonnie & Clyde et innombrables autres criminels américains au fil des expositions, les différents châtiments de peine de mort (d’ailleurs pour info, seuls 10 états américains ont aboli la peine de mort, ca remet les pieds sur terre...) anciens et actuels (d’ailleurs saviez-vous que la guillotine a été utilisée pour la dernière fois en France en… 1977 ?! Choquant !) , le système carcéral et ses gangs, les assassinats de présidents, la guerre contre le crime, les FBI’s Most Wanted, les cybercriminels, les kidnappings, les serial-killers, les « cold cases » les plus célèbres, une reconstitution de scène de crime, d’un labo d’autopsie, d’une cellule de prison, d’un « police line-up », des studios de l’émission « America’s Most Wanted », des jeux de simulation de course-poursuite et de tir, j’en passe, et que sais-je encore. On est restées 4 heures ! Et encore, c’est parce que le musée fermait qu’on n’a pas pu tout faire! Génial je vous dis. Hyper instructif mine de rien et carrément moins ennuyeux que visiter les institutions, mais ça c’est mon humble avis. Bien sûr, ça ne veut pas dire que je n’ai pas envie d’en savoir plus là-dessus. On verra lors de ma prochaine visite, et au pire en attendant y’a google… ;-)
Un peu comme dans Men In Black, on était le FBI et il fallait tirer sur le suspect armé.

Le soir, diné à Adams Morgan, sur 18th street, à la terrace d’un delicieux resto latino, « Rumba Café ». La pluie s’est invitée mais n’a pas réussi à nous chasser. Trop bien installées à notre terrasse et trop mal aux pieds d’avoir beaucoup piétiné, on s’est attardées là en regardant les passants. Tiens, depuis qu’on est là je vois passer beaucoup de filles au look hyper masculin. Nan mais c’est quoi ces dégaines de rappeurs ? Drôle de mode ! (bêbête que je suis.) Tiens y’a écrit quoi sur l’affiche là-bas ? « Washington Black Pride ». Oh. Ok. Ceci explique donc cela… (pfff trop bête moi !)
Meilleurs souvenirs : les conversations avec ma camarade de voyage. Le musée du crime. Oh et puis toute la journée entière en fait !
Ça nous a saoulées : le « Rolling Thunder », la parade des motards qui tournaient dans la ville pendant toute la journée. Parce que chaque fois qu’on avait besoin de traverser une rue, on était bloquées par un défilé de Harley Davidson ! En plus c’est bruyant et ça pollue. 


Le soleil qui tapait duuuur, Et boom,  qui c’est qui s’est retrouvée avec de l’urticaire plein les jambes et les bras ? Bon sang, mais à quoi ça sert d’être Noir, si c’est pour être allergique au soleil ?!! En voilà un comble de l’absurde, franchement.

Puis c’est déjà lundi. La journée commémorative. Direction le cimetière d’Arlington. On a marché sous le cagnard, alourdies par nos sacs, suant à grosses gouttes, cramées par le soleil, mais cela valait le détour. Impressionnant. Plus de 175000 pierres tombales, chacune ornée d’un petit drapeau américain pour l’occasion (ça a dû prendre du temps de faire ça).

A l’entrée du cimetière, des volontaires distribuent 2 roses à chaque personne. Pas bête. Comme ça au moins la quantité de visiteurs ce jour-là servira un peu à quelque chose : orner les tombes qui ne sont pas fleuries.
Offert mes roses à Mr. Eugene Carlson (E.C.) ainsi qu’à Robert Hyatt, mort le 8 novembre 1957.
Se recueillir sur ce lieu, sur l’histoire de ce pays qui n’est pas le tien, en fait ça te conduit inévitablement à te recueillir sur l’histoire de ton propre pays. Ça fait bizarre, moi qui n’ai jamais rien fait pour honorer qui que ce soit lors des fêtes nationales du 8 mai (fin de la Seconde Guerre Mondiale en 1945, pour rappel) ou 11 novembre (Armistice de la 1ere Guerre Mondale en 1918, ça fait pas de mal J), je me retrouve à le faire… à l’étranger, pour une autre nation. Comment ça se fait ?
Puis remarché sous le cagnard pour atteindre le Monument d’Iwo Jima.
La scène du plantage de drapeau à Iwo Jima

Franchement, de près, cette statue ne laisse pas indifférent. Ce n’est pas un monument statique de quelqu’un debout ou assis à cheval (et souvent peu expressif). Ici le mouvement est capturé, c’est réaliste jusqu’aux visages. La seule statue que j’aie vue qui m’ait un jour fait cet effet, c’était sur la place Tian an men.
On s’est assises en face du monument, à l’ombre d’un arbre, et sans doute inspirées par tout ça, on est restées discuter sans fin. De l’éradication des Indiens Natifs, dont l’histoire est comparable en de nombreux points à celle des Aborigènes d’Australie, à la mauvaise éducation des enfants americains, en passant par nos interrogations sur comment est perçue la guerre ici, par rapport à chez nous en France. Par exemple, ici aux USA, il est partout et tout le temps fait allusion aux vétérans, qui sont mis sur un piédestal (dans les pubs à la télé en tous cas !) et bénéficient de nombreuses attentions. En France, j’ai l’impression que les seuls honneurs qu’ils reçoivent, c’est une fois après avoir passé l’arme à gauche, et d’une manière générale, dans la vie quotidienne, on n’en fait pas tout un foin (à part leur laisser les bonnes places dans le bus (et encore, il est précisé qu’il faut qu’ils soient mutilés, les pauvres). C’est sûr qu’à la base, nous Français nous n’avons pas la même approche de la guerre que les Américains. Pour nous la guerre c’est mal, c'est un traumatisme, car après en avoir eu 2 mondiales SUR notre territoire, on n’en veut plus jamais, donc ce n’est généralement pas un sujet qu’on aime re-sortir à tout bout de champ. (Résumé hypra-simpliste.) Pour eux, investis de leur mission de gendarmes du monde, la guerre de toute façon ça se déroule chez les autres alors ils continueront encore et encore. Toujours est-il que les Américains sont très très forts dans le registre de l’émotionnel concernant le sujet…
On était tellement bien là, qu’on ne s’est même pas bougées pour aller voir la parade du côte du Mall. On aurait pu rester comme ça toute la journée. Mais l’heure passant et la faim nous tenaillant, on s’est dirigées vers  Chinatown, là où on était sûres de trouver des restos pas chers…et ouverts.
Ensuite vers 16h00, chacune a pris son metro. Me rendant à l’aéroport, j’avais un trajet beaucoup plus long. Pour faire des économies, je n’ai pas pris de taxi. Eh bien entre l’attente à l’arrêt de la navette, le trajet de 30min et le passage de la sécurité complètement congestionné à l’aéroport, j’ai failli rater mon avion ! J’ai couru, couru, couru dans le terminal, en nage avec mon gros sac et le ventre alourdi par une portion géante de poulet sauce aigre-douce… et par chance je suis arrivée juste à temps avant la fermeture des portes. Ouf !!!
Meilleurs souvenirs : les conversations. Pas toujours joyeuses, certes, mais c’était notre commémoration à notre manière.
Ça m’a saoulée : être en retard à l’aéroport.


Au fait vous saviez qu’il faut toujours préciser « DC » sinon les gens ici pensent que tu parles de l’état de Washington, qui est tout à l’autre bout du pays et contient la ville de Seattle.
Et d’ailleurs j’ai appris autre chose : le district de Columbia (DC) eh bien ce n’est pas un état ! C’est un territoire appartenant à la nation mais qui ne dépend d’aucun état. Les habitants sont contraints aux taxes étatiques, mais n’ont pas de représentant au Senat, c’est ballot ! Il est question d’en faire le 51ème état mais personne n’a l’air pressé. Un peu comme Porto Rico quoi. Bah oui, faut dire que tous ces changements, ça metttrait le bazar dans les étoiles du drapeau américain. Ah non non non!

Allez, j’arrête cet article à rallonge. Voilà, vous savez tout de mon trip à Wasington DC ! C’est assez petit donc une bonne ville pour marcher. J’ai passé de bons moments seule (défi relevé !) et aussi accompagnée de ma nouvelle partenaire de voyage, qui est sympa, intéressante et curieuse. Pas de course pour tout voir, on a pris notre temps et c'est bien comme ça. Entre musée de l’holocauste et cimetière, vous trouverez peut-être qu’on est bizarre, mais au contraire : Memorial week-end...Washington...quoi de plus approprié en fin de compte!


Le mot de la fin : petit dej.
Et je dirais meme brunch... avec pancakes, oeufs, bacon et compagnie...
Sandwich au peanut butter... jamais sans la gelée de raisin!
Parce que j'en rêve! La dakatine 3 jours de suite c'est plus possible!!

2 commentaires:

  1. Ma foi, bien palpitant et enrichissant pour la culture,le récit sur Wahshington DC et j'avouerai assez émouvant l'épisode de fleurissement de pierres tombales (encore peut-etre 2 âmes à ajouter quand tu égraineras ton chapelet... qui sait!!!)
    En tout cas, cette étape avait la couleur de la nana pêchue comme je l'apprécie;Bonne continuation and Kiss.

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  2. Ça avait l'air trop bien, moi qui est horreur des musés tu m'as donné plus qu'envie d'aller au musé du crime!
    Et dire que je devais venir... :'(

    Bisous

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